Lorsque Claude Sintès, conservateur du Musée de l’Arles et de la Provence antique, m’a reçu dans son bureau en mai 2005 et que nous avons évoqué l’idée de réaliser une série de nus, j’ai été à la fois très heureux et très inquiet; en effet, je voulais que cette série raconte une histoire qui soit propre au lieu et à sa fonction. J’étais là en relation avec un lieu de mémoire, de conservation et de recherche, mais aussi avec l’Histoire et même la préhistoire.        

Ici, la mise en valeur des collections archéologiques est amplifiée par l'extraordinaire modernité du bâtiment dessiné par l’architecte Henri Ciriani. Dans ce musée, qu’il a voulu à l’image d’une cité muséale sur la base d’un plan triangulaire de béton et d’émalit azur où les entrées de lumières ont été réalisées avec beaucoup d’ingeniosité et de finesse, on se prend à déambuler en toute quiétude dans le passé.

J’ai voulu que mes photographies rendent hommage à cette architecture et viennent à la rencontre de l’archéologie, discipline qui a en commun avec la photo de souvent traiter du passé, qu’il soit lointain ou immédiat.  

Une idée  s’imposa alors d’elle-même, essayer d’inventer des vestiges photographiques. Créer une fiction, se transposer dans le futur et imaginer une fouille du 4 ème millénaire où l’on retrouverait des photos comme on retrouve une amphore brisée dont les pièces deviennent un puzzle incertain, ou une fresque dont les peintures érodées racontent une histoire inconnue, mythologique, biblique, poétique ou autre.

 


Photographies réalisées le 1er mai 2006, sur film 120 Fuji Provia 400F et Mamya RZ 6/7.